Sur les ossements des morts

Aujourd’hui, J’ai envie de vous partager un roman incroyable : Sur les ossements des morts d’Olga Tokarzuk. Surtout, ne vous laissez pas rebuter par le titre car non seulement c’est une belle histoire, mais c’est aussi très bien écrit. Olga Tokarzuk a quand même reçu le prix Nobel de littérature en 2018, et franchement, on plonge dans ce livre avec une grande facilité.

J’ai choisi cette histoire pour vous parler de Vervain.

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L’injustice et Vervain

Le moteur de Vervain est l’injustice. C’est ces moments où ce qu’on estime être injuste, pour nous ou les autres, nous pousse à réagir fermement pour y mettre fin. On s’implique de toute notre âme, sans mesure, et souvent au-delà du raisonnable.
C’est le cas de Janina Doucheyko, l’héroïne de ‘histoire !

Elle a déposé plainte au commissariat :
« – Qu’attendez-vous de nous au juste ?
– Qu’on saisisse la justice. Qu’on punisse les coupables. Qu’on modifie les lois.
– Rien que ça ? C’est beaucoup. Vous ne pouvez pas en demander autant.
– Mais si je peux ! C’est moi qui détermine ce que je peux demander ou pas, me suis-je écriée avec fureur. »
Pourquoi avoir déposé plainte ? … pour le meurtre d’un sanglier ! Janina est contre la chasse et lutte de toutes ses forces pour y mettre fin et l’interdire.

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Vervain, c’est la démesure

Petite femme frêle et fragile en apparence, elle se montre féroce quand il s’agit de défendre la cause qui lui tient le plus à cœur : celle des animaux !
Seule, face à une trentaine de chasseurs armés, elle y va, avec toute la puissance qu’il lui est possible de déployer :
« C’est alors que j’ai senti une colère m’envahir, une vraie de vraie, divine, pourrait-on dire. Elle déferlait en moi en une vague de chaleur. J’ai éprouvé de la quiétude au milieu de toute cette énergie ; j’avais l’impression qu’elle me soulevait en l’air, petite explosion grandiose dans l’univers de mon corps. Un feu brûlait en moi, telle une étoile à neutrons. J’ai bondi en avant en poussant si fort le type coiffé de son ridicule petit chapeau qu’il est tombé dans la neige, complètement ahuri. »

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Vervain, une émotion de la colère

Incroyablement bien décrite dans ce livre, la colère de Vervain est très reconnaissable à ce feu intérieur, dévorant et qui donne une sensation de puissance. Pour l’avoir déjà ressenti moi-même, l’auteure a su parfaitement retranscrire la colère particulière de Vervain. On en voit déjà les contours dans l’extrait ci-dessus, mais voyez plutôt le suivant :

Allongée sur le divan de ma cuisine, j’avais beau essayer de penser à autre chose, je n’y arrivais pas. Je sentais les vibrations d’une énergie puissante infiltrer mes muscles ; encore un peu et elle allait faire exploser mes jambes de l’intérieur.
Janina entend la petite chienne de son voisin qu’elle sait être attachée depuis des heures, seule, dans le froid. Elle finit par se lever, libérer la chienne et la prendre avec elle.

Pour celles et ceux qui connaissent cette émotion, n’est-ce pas tellement ça ?

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Quand je cherche à convaincre

Une autre particularité de Vervain est ce besoin de rallier les autres à ses idées. C’est ces moments où on va insister, parfois lourdement, pour convaincre.

« Je m’évertue à expliquer à mon Dyzio réfractaire que l’astrologie était jadis comparable à ce qu’est la sociobiologie aujourd’hui.
J’ai essayé de le convaincre par divers moyens, de lui faire comprendre la perfection avec laquelle ce qui se trouvait en bas s’accordait avec ce qui était en haut. »

Cela peut aller jusqu’au fanatisme, ce qui est le cas de Janina…mais chuuuut !

Je ne vous en dévoile pas plus, j’espère seulement vous avoir convaincus de lire ce livre 😊, qu’on croirait écrit pour découvrir toutes les facettes de Vervain !

Bonne lecture !

Hélène

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